Fahrenheit 451
Ray Bradbury
"Un livre est un fusil chargé dans la maison d'à côté."
Résumé
Montag est pompier : il émet l'étincelle qui allume le brasier, il est l'auteur des autodafés. Dans une société où les livres sont vecteurs de savoirs et représentent une menace, Montag rétablit l'ordre. Du moins, c'est ce qu'il pensait, jusqu'à sa rencontre avec Clarisse, une jeune fille vivant dans le même quartier que lui. Cette dernière remet en question tout ce que Montag pensait savoir, et l'amène à se poser des questions sur sa vie, sur son travail, sur la société, sur les livres qu'il brûle.
Avis personnel
J'ai beaucoup apprécié la lecture de Farhenheit 451 : le style de Bradbury est fluide et prenant, les descriptions parfois lyriques embellissent le récit. La dystopie que propose l'auteur m'a aussi beaucoup touchée car elle est encore très actuelle, à l'ère des réseaux sociaux, de la télévision et de l'IA. De nombreux passages m'ont fait réfléchir sur l'aliénation des masses et sur notre propre asservissement. L'histoire de Montag est touchante, car il semble éprouver des émotions dans un monde qui ne les tolère plus, il est profondément curieux sans pour autant s'autoriser à lire les livres qu'il vole et conserve précieusement.
Cet ouvrage est devenu un classique de la littérature de science fiction et à raison selon moi : l'intrigue est prenante, la tension est bien construite, on s'attache au personnage principal et on s'identifie à ses remises en questions.
Citations
"Imaginez le tableau. L'homme du XIXe siècle avec ses chevaux, ses chiens, ses charrettes : un film au ralenti. Puis, au XXe siècle, on passe en accéléré. Livres raccourcis. Condensés. Digests. Abrégés. Tout es réduit au gag, à la chute."
"On doit tous être pareils. Nous ne naissons pas libres et égaux, comme le proclame la Constitution, on nous rend égaux. Chaque homme doit être l'mage de l'autre, comme ça tout le monde est content ; plus de montagnes pour les intimider, leur donner un point de comparaison. Conclusion ! Un livre est un fusil chargé dans la maison d'à côté. Brûlons-le. Déchargeons l'arme. Battons en brèche l'esprit humain. Qui sait qui pourrait être la cible de l'homme cultivé ? Moi ? Je ne le supporterait pas une minute."
"Savez-vous pourquoi des livres comme celui-ci ont une telle importance ? Parce qu'ils ont de la qualité. Et que signifie le mot qualité ? Pour moi, ça veut dire texture. Ce livre a des pores. Il a des traits. Vous pouvez le regarder au microscope. Sous le verre, vous trouverez la vie en son infini foisonnement. Plus il y a de pores, plus il y a de détails directement empruntés à la vie par centimètre carré de papier, plus vous êtes dans la "littérature". C'est du moins ma définition. Donner des détails. Des détails pris sur le vif. Les bons écrivains touchent souvent la vie du doigt. Les médiocres ne dont que l'effleurer. Les mauvais la violent et l'abandonnent aux mouches."
"- Est-ce que les livres peuvent nous aider ?
- Seulement si le troisième élément nécessaire nous est donné. Un, comme je l'ai dit, la qualité de l'information. Deux : le loisir de l'assimiler. Et trois : le droit d'accomplir des actions fondées sur ce que nous apprend l'interaction des deux autres éléments. Et je doute fort qu'un vieillard et un pompier aigri puissent faire grand-chose au point où en est la partie..."
"Des milliards de feuilles devaient joncher le sol ; il se mit à patauger dans cette rivière sèche qui sentait le clou de girofle et la poussière chaude. Et les autres odeurs ! De partout s'élevait un arôme de pomme de terre coupée, cru, froid, tout blanc d'avoir passé la plus grande partie de la nuit sous la lune. Il y avait une odeur de cornichons sortis de leur bocal, de persil en bouquet sur la table. Un parfum jaune pâle de moutarde en pot. Une odeur d'oeillets venue du jardin d'à côté. Il abaissa la main et senti une herbe l'effleurer d'une caresse d'enfant. Ses doigts sentaient la réglisse."
"Chacun doit laisser quelque chose derrière soi à sa mort, disait mon grand-père. Un enfant, un livre, un tableau, une maison, un mur que l'on a construit ou une paire de chaussures que l'on s'est fabriquée. Ou un jardin que l'on a aménagé. Quelque chose que la main a touché d'une façon ou d'une autre pour que l'âme ait un endroit où aller après la mort ; comme ça, quand les gens regardent l'arbre ou la fleur que vous avez plantés, vous êtes là. Peu importe ce que tu fais, disait-il, tant que tu changes une chose en une autre, différente de ce qu'elle était avant que tu la touches, une chose qui te ressemble une fois que tu en as fini avec elle."
Fiche récapitulative
- Titre : Fahrenheit 451
- Auteur·rice : Ray Bradbury
- Éditeur : Folio
- Date de parution : 1953
- Genre : Roman, Science Fiction, Dystopie.
- Nombre de pages : 236
- Résumé en une phrase : Un très bon ouvrage pour remettre en question nos manières de consommer les livres mais aussi d'interroger plus largement les mécanismes qui nous aliènent.